ITINÉRAIRE


France -> Espagne -> Maroc -> Sahara Occidental -> Mauritanie -> Sénégal -> Guinée -> Côte d'Ivoire



C’est avec la traversée de la France et de l’Espagne que débute ce portrait.
Cette descente progressive vers le Sud permettra de mieux cerner les enjeux de la fracture numérique entre le Nord et le Sud mais aussi de découvrir une autre facette
de la création numérique actuelle. Fab Lab, hackerspaces et Dead drops traceront
ma route.

La descente jusqu’au détroit de Gibraltar sera ponctuée par un tour d’horizon des Fab Lab, avec l’Artilect de Toulouse, la FabCity de Barcelone (projet de création d’une Fab Lab par quartier) et le Medialab-Prado de Madrid.

Les Fab Lab sont des sorte de mini-usines collaboratives qui permettent de créer ou fabriquer n’importe quel objet à la demande, le tout assisté par un ordinateur. Ces lieux permettent une réappropriation des technologies par les citoyens pour les détourner
à leurs propres fins. C’est l’endroit où s’invente les objets de demain.

Dans le même registre, les hackerspaces fleurissent aussi un peu partout dans le
monde occidental. Ce sont des temples de la débrouille, engagés dans l’accès et la réappropriation des outils technologiques, militants de l’open source.

En occident, le DIY (Do It Yourself ), la bidouille technologique sont une alternative
à la production de masse. Dans les pays du Sud, où la récupération et le bricolage sont déjà fort pratiqués, les Fab Labs et hackerspaces apportent plutôt une réponse au manque de moyens.

L’Espagne fourmille d’idées et de projets d’envergure grâce aux outils numériques. Souvent décrit comme le pays en train d’inventer la démocratie de demain avec un réseau social alternatif, des outils open source, des licences libres, le tout coordonné
par des assemblées numériques. De nombreux projets inédits seront à découvrir sur
ce territoire!



Traversée du détroit de Gibraltar en bateau pour débarquer à Tanger. À partir d’ici,
l’idée qui réside au coeur de ce voyage est de poser un autre regard sur le continent africain, avec des projets tournés vers le futur.

Au Maroc, le Web ouvre de nouveaux espaces de liberté. Toutefois, les disparités régionales d’infrastructures et l’analphabétisme restent les principaux freins d’accès
à internet.
La blogosphère marocaine est la plus active du Maghreb. Ses blogueurs sont de tranches d’âges et de catégories socioprofessionnelles très diverses. La « blogoma »,
la blogosphère marocaine, est un monde virtuel où l’on expérimente une nouvelle forme de citoyenneté. Les blogs permettent de s’informer sur les événements non couverts
par les médias traditionnels. Le Maroc sera une rencontre avec les internautes de la twittersphère marocaine, qui reste le premier parti d’opposition contre le gouvernement. Les NTIC sont à voir ici comme une extension du domaine
de la lutte.

Ce sera aussi l’occasion de découvrir un lieu culturel, Irisson (Centre des Arts Visuels, Electroniques et du Multimédia) à Casablanca et deux hacklab (un à Rabat et l’autre à
Casablanca).

À partir d’Agadir c’est une plongée vers une relative obscurité numérique
qui commence.



Point de passage entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire, la Mauritanie compte
le plus d’utilisateurs du mobile mais semblent utiliser très peu les autres technologies.

Malgré ses déserts géographiques, des marchés informels assez curieux accompagnent la démocratisation du téléphone portable. C’est le cas du marché Cheb cheb à Nouakchott, un lieu de transaction numérique surprenant. Marché incontournable
où les jeunes viennent acheter leur musique parmi un labyrinthe d’étals de faux portables, cartes SIM... Chaque vendeur possède un ordinateur sur lequel l’acheteur écoute la musique disponible, puis les titres sélectionnés sont copiés par port usb ou bluetooth sur le téléphone portable. C’est une véritable déambulation sonore au milieu de vendeurs qui proposent une variété de musique allant de la curiosité fait maison au raï algérien, en passant par le Sahara blues, des DJs locaux, la pop arabe, le coupé-décalé, le kuduro
ou le hip-hop. Ce mode de distribution est assez surprenant, complètement informel.
Cette nouvelle profession de chargeur de sons et vidéos est aussi présente à Bamako. En Mauritanie, Cheb cheb est représentatif d’un mode de diffusion qui a émergé chez les touaregs : de portables en portables, vidéos, photos et enregistrements maison circulent à travers tout le pays. Les mobiles sont devenus le principal support d’écoute et d’échange de la musique.

En 2011, le printemps arabe a également gagné la Mauritanie. La contestation commence avec un appel à la révolution intitulée « la jeunesse du 25 Février » sur Facebook. C’est à partir du Net qu’ils ont décrété le 25 février, « la journée de la colère nationale de la jeunesse mauritanienne ». A titre d’exemple, les moins de 25 ans représentent 59,3% de la population en Mauritanie, le pays ne peut donc pas échapper aux revendications des jeunes sur les réseaux sociaux. Les citoyens réclamaient de profondes réformes du système politique, économique et social. En juin, des mesures commencent à être prises par le gouvernement. La pénalisation des délits de presse
est supprimée, des sièges du parlement sont réservés aux femmes, l’influence de l’armée est réduite, des terres sont redistribuées à de jeunes diplômés, les minorités sont reconnues dans la Constitution et l’esclavage interdit. Quel est le poids des réseaux sociaux dans les réformes entreprises depuis juin 2011?



Arrivée par Rosso pour prendre la direction de la capitale, très active sur le plan
des nouvelles technologies et du numérique.
C’est Dakar qui accueille justement
en décembre 2012 le festival Carrefours des Possibles, un moment de rencontre,
de réflexion et d’échange créatif autour de projets liés à l’innovation technologique
dans le domaine de l’information et la communication.


L’association Incident (art et technologie)
Labo Mobile
Yen a marre
Dakar Lug
Kër Thiossane
Jokkolabs