CONTEXTE


Depuis une dizaine d’années, internet est sans cesse présenté comme une véritable chance pour l’Afrique de se développer
et d’entrer dans le soi-disant « village planétaire ». Mais en réalité
la progression des avancées techniques en Occident creuse chaque jour davantage le fossé entre le Nord et le Sud tout en uniformisant
le monde.


Nous vivons ainsi dans un monde à deux vitesses.




L’Afrique recense les niveaux de développement des télécommunications
et de dépenses consacrées à l’informatique les plus faibles au monde. Mais malgré son actuel dénuement technologique, l’innovation dans l’usage des NTIC est fortement présente et sa réappropriation est originale!



La jeunesse africaine affirme clairement son désir de présence dans ce monde multiculturel qu’est internet.

On commence peu à peu à voir émerger sur la toile des contenus culturels, techniques
et sociaux propres à l’Afrique. Les radios libres, les journaux en ligne, les blogs se développent. L’ouverture au reste du monde profite peu à peu à l’artisanat et au commerce. Internet permet aussi la promotion du rôle des femmes, une revitalisation
de langues minoritaires ou encore le développement de l’éducation à distance avec
la mise en oeuvre de campus virtuels. Les coûts d’accès à internet restent pourtant prohibitifs contrairement aux coûts des portables.

Ces dernières années c’est la téléphonie mobile qui a explosé au détriment
de la téléphonie fixe.
Le téléphone portable est devenu un véritable phénomène
en Afrique et une nouvelle économie informelle s’y est installée. Le marché a en effet
été inondé de téléphones chinois bon marché (portant des noms tels que "Samsong"), équipés de cartes mémoire et d’options tels que la vidéo, la photo, l’audio et le bluetooth.
En quelques années, les mobiles sont par exemple devenus le principal support d’écoute et d’échange de la musique en Afrique subsaharienne. Ce ne sont pas juste des téléphones, mais de véritables médias. Plus accessible financièrement et socialement cet objet s’ancre directement dans le sillon de la tradition orale, contrairement à l’ordinateur. Le téléphone permet de se faire voir,
d’entendre, de partager du son et des images.


Qui est donc cette population qui se branche sur internet ? Comment s’approprie-t-elle
les outils ? Quels sont les contenus qu’elle partage avec le reste du monde ? Quel rôle joue la tradition orale dans l’appropriation des NTIC ? Quels impacts ont les nouvelles technologies sur le quotidien ? Sur le développement ? Comment se connecter à la toile dans les villages isolés quand il n’y a souvent ni cybercafé ni électricité ni ordinateur ?




Cartographie d’Eric Fischer des tweets de Twitter et des photographies postées sur Flickr dans le monde entier. Les points bleus localisent les tweets, les points oranges les photographies, et les points blancs les deux à la fois. Vue du ciel, Tweeter et Flickr dévoilent une certaine manière la fracture numérique.